|
THESE
De l'Aidà au Bejuco
: l'ethno-épidémiologie de la leishmaniose chez les Embera
et les Afro-colombiens du Chocò (Colombie).
Diana Marcela Morales Monteo, Université d'Aix-Marseille,
juillet 1997.
L'épidémiologie de la leishmaniose cutanée américaine,
parasitose transmise par des vecteurs hématophages du genre Lutzomyia,
a constitué notre point de départ pour restituer la problématique
de la santé et de la maladie dans toute sa complexité.
La dynamique entre ces deux pôles, santé et maladie, s'intègre
dans des processus plus amples qui peuvent être présentés
selon une perspective structuraliste.
Dans la forêt tropicale humide du Chocò (Colombie), les
populations vivant dans cet écosystème présentent
deux profils de morbidité qui reflètent leur appartenance
ethnique, embera ou afro-colombienne. A travers cette étude,
nous montrons que, comme toute problématique relevant du domaine
de la santé et de la maladie, il est nécessaire de mettre
en relation les sphères du biologique, de l'écologique,
du culturel et du sociopolitique. L'anthropologie médicale
nous permet d'articuler les différentes approches que chaque
discipline met en oeuvre, qu'il s'agisse de l'éco-épidémiologie,
de l'épidémiologie sociale, de l'ethnoécologie,
de l'anthropologie ou de la géographie de la santé, de
l'ethnologie afin d'élucider les processus en jeu. Une ethnoépidémiologie
se dégage de cette convergence et se révèle au
cours de la recherche un outil opérationnel pour l'étude,
le contrôle et la prévention des parasitoses qui affectent
les groupes humains.
Cette recherche est construite en différents niveaux qui intègrent
les données issues des différentes sphères. Elle
met en évidence la complexité des facteurs et de leurs
relations qui influent sur la distribution de la maladie et sur les
degrés de détermination des valeurs et contre-valeurs
de bien-être spécifiques à chaque groupe humain.
La construction culturelle de la maladie s'exprime aussi sur le registre
social qui, pour les Embera comme pour les Afro-colombiens, s'appuie
sur leur identité ethnique et sur leurs représentations
de la forêt et des autres. Les pratiques de guérisons et
de réparation sociale que la condition de maladie induit, sont
le reflet de la permanence et de la cohérence de leurs visions
du monde.
(Bull. 31 sept. 1997)
|