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THESE
Savoirs locaux sur la maladie
chez les Gbe au Bénin, le cas du paludisme: éléments
empiriques pour une anthropoplogie de la santé.
Codjo Adolphe Kpatchavi.Université
de Fribourg, Allemagne, 2000, 256 p.
L’objectif de ce travail est de décrire et d’analyser
les représentations et les pratiques liées au paludisme
auprès des communautés Fon et Waci (sud et centre du Bénin).
L’étude a porté sur un échantillon de 425
enquêtés. On a procédé à des entretiens
individuels approfondis et à des discussions de groupe.
Dans les nosologies Fon et Waci le paludisme est considéré
comme une “maladie de la chaleur ou du soleil”, “maladie
de la fatigue”, “maladie d’une mauvaise alimentation”,
“maladie du sorcier” et de plus en plus comme “maladie
des moustiques”.
Il est perçu comme la “maladie des maladies” ou la
“mère de toutes les maladies”. Le paludisme est
perçu aussi comme une maladie du “renouvellement du sang”
et surtout du “sang sale” après une période
d’activités. Enfin, c’est aussi une “maladie
de croissance”.
Ces différentes représentations interfèrent avec
le modèle d’explication biomédicale et induisent
plusieurs formes d’attitudes et de conduites de traitement : résignation,
banalisation, négligence et surtout réticence vis-à-vis
du recours aux soins dans les formations sanitaires.
L’étiologie populaire n’est pas en marge de ces représentations.
Ont été évoqués la chaleur (56% des enquêtés),
une mauvaise alimentation et une mauvaise hygiène (24%), les
travaux harassants (22%), la sorcellerie (12%) et les moustiques (10%).
Cette perception influence les attitudes préventives, notamment
la faible utilisation des mousti-quaires (17% des enquêtés).
La cause “moustiques“ correspond parfois, par ailleurs,
à une logique parallèle à celle de la biomédecine
: les mous-tiques piquent et transmettent l’eau sale qui pollue
le sang et provoque le paludisme. D’autre part, les bruits et
la piqûre des moustiques sont censés créer l’insomnie,
elle-même susceptible d’entraîner des courbatures
et provoquer ainsi le paludisme. La mise en rapport des autres causes
avec les mesures populaires de prévention est évidente.
Les itinéraires thérapeutiques sont fortement marqués
par l’automédication à base de feuilles (premier
recours chez 91% des enquêtés) ou de médicaments
obtenus sur le marché parallèle (85%). Outre les mauvaises
conditions aux-quelles ces médicaments sont exposés, les
doses à l’achat sont rarement au complet. L’idée
que calmer les maux de tête ou la fièvre est un signe de
guérison est assez répandue.
Les indicateurs socio-culturels apparaissent indispensables pour mieux
comprendre les logiques et les comportements. Ils permettent d’expliquer
les réticences vis-à-vis des activités de sensibilisation
pour la prise en charge et pour les mesures préventives. Les
représentations sociales, qu’elles soient en accord ou
en contradiction avec le modèle d’explications biomédical,
doivent être utilisées comme point focal pour améliorer
les stratégies de lutte contre le paludisme.
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