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THESE

Environnement et santé. Essai d'épidémiologie de la schistosomiase et du paludisme en zone sahélienne au Mali.
Samba Diop, Université de Provence, Avril 1995.


Cette thèse est consacrée à l'étude de trois parasitoses humaines majeures au Mali, liées à l'environnement et plus spécialement à l'eau : Schistosomiases à Schistosoma haematobium et S. mansoni ; paludisme. C'est la zone sahélienne qui a fait l'objet de l'étude : les populations humaines, à bas revenu et particulièrement fragiles, y sont plus particulièrement victimes de ces parasitoses.

L'enquête adopte une démarche holistique reposant sur une très large gamme de données, émanant de disciplines diverses : il s'agit, en effet, de problèmes épidémiologiques complexes. Ils sont liés à la fois à l'existence d'écosystèmes nosogènes en rapport avec un environnement biophysique particulier, aux modifications écologiques apportées par l'homme dans cet environnement, et aux rapports que l'homme entretient avec lui. Doit aussi être prise en compte l'idée qu'il se fait de la maladie et de l'efficacité des diverses thérapeutiques proposées.

Ce travail repose sur des données biologiques de base, dont l'auteur est en grande partie responsable, dans un travail pluridisciplinaire d'équipe; ainsi ont été recueillies les données parasitologiques fondamentales, mais l'auteur a ajouté une dimension essentielle dans la mesure où il a pris en compte les données socio-culturelles.

Cette dimension anthropologique donne au travail tout son sens. Compte tenu des énormes progrès accomplies ces dernières décennies dans les différents domaines du diagnostic, dans la connaissance des conditions d'infestation humaine, des thérapeutiques, on ne peut qu'être étonné devant l'efficacité trop faible des démarches visant à restreindre les fléaux parasitaires. C'est oublier que ces progrès, pour atteindre leur cible, doivent passer par le "filtre humain". Dès lors s'ouvre un champ d'investigation que l'auteur a exploité avec précision.

Avant toute démarche, il a tenté une réflexion sur le contenu des expressions populaires concernant chacune des deux maladies. Puis, il s'est attaché à définir le rôle des pratiques locales dans la genèse, l'extension des foyers de maladie et leurs modalités de contamination. Le cas des bilharzioses est particulièrement parlant, dans la mesure où l'homme est tout à la fois le point de départ du cycle et son point d'arrivée. Les pratiques qui conditionnent les rapports avec l'eau sont déterminantes. L'auteur a analysé avec précision le rapport homme-eau et cherché à quantifier ce rapport par observation directe.

Il s'attache ensuite à déboucher sur des consignes très concrètes aux agents de santé villageois.