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THESE
L'épidémie invisible.
Anthropologie d'un système médical à l'épreuve
du sida chez l'enfant à Bobo Dioulasso, Burkina Faso.
Alice Desclaux, Université d'Aix-Marseille, Décembre
1997.
Alors que plus d'un million d'enfants ont été infectés
par le VIH en Afrique, leur atteinte est mal connue et peu prise en
compte. Ce travail s'attache à élucider le traitement
social du sida chez l'enfant dans un pays du Sud et les raisons de ce
silence.
Une première partie analyse le "sous-système médical"
concernant l'enfant à Bobo Dioulasso en tant que système
symbolique et système social, au travers de ses acteurs, des
représentations de la maladie - notamment des diarrhées,
des malnutritions et du sida - et des différents aspects des
relations de soin. Une seconde partie étudie l'émergence
du sida, des représentations aux institutions, et montre comment
sa construction sociale, tant dans le secteur biomédical que
dans le secteur populaire, a favorisé l'occultation de l'atteinte
des enfants. Une troisième partie examine la prise en charge
du VIH/sida dans un service hospitalier de pédiatrie, au travers
notamment des pratiques adoptées, de l'interprétation
locale des normes médicales internationales, des limites rencontrées
par les parents et les soignants, des changements dans les rôles
professionnels. Une quatrième partie analyse l'impact du sida
sur le système biomédical à trois niveaux : l'exclusion
des enfants VIH+ par les services pour malnutris, en rapport avec le
caractère social du traitement de la malnutrition ; l'absence
de prise en compte de la transmission du VIH par l'allaitement, liée
aux représentations prévalantes dans la culture médicale
internationale ; les itinéraires de soin d'enfants suspectés
d'une atteinte par le VIH dont les recours aux soins dépendent
de critères sociaux plus que médicaux.
Le sida révèle les logiques des institutions biomédicales
- symbolique, opérationnelle, sociologique - qui ne leur per-mettent
pas toujours de s'adapter au changement épidémiologique.
Ces logiques inscrites dans les rapports Nord-Sud contribuent à
"effacer" l'atteinte des enfants au Sud, accentuant le fossé
entre "sida du Nord" et "sida du Sud".
(Bull. n° 33, mars 1998)
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