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THESE
Savoirs de la Nature, Nature
des Savoirs : les savoirs des plantes en Cévennes (France). Contribution
pour une anthropologie cognitive.
José Rodrigues dos Santos, Laboratoire d'Anthropologie
Sociale, Collège de France.
Il s'agit de décrire l'organisation notionnelle d'un domaine
spécifique, celui des savoirs sur les végétaux,
domaine d'objets matériels, naturels et vivants.
Une première partie situe le contexte culturel et écologique
de l'enquête: une société rurale des Cévennes
méri-dionales, où dominaient la polyculture et l'élevage
ovin et caprin. L'histoire de cette société est marquée
par les conflits entre protestants et catholiques, et par les persécutions
des seconds à l'encontre des premiers, à la fin du XVII
et pendant la première moitié du XVIII siècles.
Cette société, organisée en petits sous-ensembles
géogra-phiques et humains correspondant aux vallées, est
située dans un cadre écologique plus vaste et cependant
précis : la grande châtaigneraie languedocienne. On fait
l'hypothèse qu'elle peut être dite "une civilisation
du châtaignier". Sont exposés ensuite le mode de recueil
des énoncés, les phases d'élaboration des données
utilisées , et notamment les techniques d'informatisation .
La seconde partie dresse un état des questions théoriques
et méthodologiques impliquées par le projet : existence
de domaines spécifiques de savoir, et ses rapports avec les
théories des champs sémantiques ; paradigme épistémologique
des "ethnosciences". Face au paradigme "taxinomiste"
dominant, on avance le concept de forma-tion cognitive pour décrire
l'assemblage des champs et des structures sémantiques caractéristiques
d'un ensemble de savoirs dans une culture donnée.
La troisième partie est consacrée au repérage des
notions vernaculaires sous-tendant les énoncés, et à
la caractérisation de leur fonctionnement . Il aboutit à
l'identification de deux types principaux de notions : les morphotypes
(un petit nombre de notions organisant les types de formes végétales
en un espace multidimensionnel), et les entités concrètes
(des notions, nombreuses, se référant à des entités
végétales censées être essentiellement distinctes).
Sont recherchés ensuite les modes d'organisation de ces notions.
Au-delà des "taxinomies" élémentaires,
sont décrits : les "notions scindées" (scissions),
appariements, emboîtements, apparentements et "complexes".
On étudie pour chaque type d'organisation les critères
d'appartenance, la structure interne. On tente de situer le rapport
entre l'organisation notionnelle d'un domaine de savoir, dans la culture,
et l'ensemble des points de vue susceptibles d'être adoptés
par les individus, sujets de la culture.
Le 3è chapitre et la Conclusion indiquent la portée théorique
générale que pourraient avoir les résultats, vers
une anthropologie cognitive élaborant une théorie des
contenus culturels, une logique du sens, et les directions à
explorer : prise en compte des modes d'énonciation et de la dimension
argumentative des discours de savoir, étude d'autres domaines
de savoir. Une Bibliographie (315 titres), un Index des auteurs cités,
et une table des matières détaillée, complètent
le premier tome (pages 669 à 698).
Le second tome ("Annexes"), contient le Corpus des données
de terrain, et un grand nombre de données comparatives, extraites
de la littérature et informatisées (Bases de données
"Cévennes" et "France").
(Bull. n° 23)
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