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COLLOQUE
Qu’est-ce que guérir
? A propos des dimensions culturelles et religieuses de la santé,
Toulouse, 27-28 janvier 2001.
L’un des premiers intérêts de ce colloque pour l’anthropologue,
c’est son point de départ. Il n’est pas situé
au sein d’un milieu d’anthropologues s’interrogeant
sur le thème choisi, en s’appuyant sur leur propre corpus
de concepts et de connaissance. Le centre de gravité et d’initiative
est ailleurs. L’organisateur, Bernard Ugeux, est un homme de religion,
engagé dans l’enseignement dans l’Institut de science
et de théologie des religions. S’il a croisé la
maladie et les questions relatives à “la santé”
au long de son itinéraire, ce n’est ni comme médecin,
ni même comme anthropologue, bien que la sensibilité anthropologique
et sa propre formation dans ce domaine soient centrales dans sa démarche.
Son interrogation vient d’ailleurs. Il le précise dans
les remarques qu’il a formulées dans un livre récent
(Guérir à tout prix, éd. de l’Atelier, Paris
2000), à propos du fait que “des patients adressent des
demandes religieuses aux soignants et des demandes thérapeutiques
aux prêtres et aux groupes religieux”. Ces demandes sont
“sous-tendues par une sorte de conviction implicite : une religion,
un groupe qui ne peut guérir ne peut pas sauver”. Ce lien,
cette consubstantialité, de la santé et du salut sont
donc un défi pour le prêtre. On voit donc combien rafraîchissante
et enrichissante pour le questionnement anthropologique peut être
une plongée dans le monde de ceux qui s’attachent à
considérer “la manière dont Jésus-Christ
s’est présenté à la fois comme guérisseur
et comme sauveur, prenant en compte les croyances populaires de son
temps”.
C’est de cette “anthropologie médicale appliquée”
très particulière que traitait ce colloque : position
des problèmes par des praticiens de terrain, regards croisés
de psychosomaticiens, d’anthropologues (Claire Mestre, Jean Benoist)
et de thérapeutes engagés dans des pratiques religieuses
ou alternatives, et synthèse finale sous la conduite de Bernard
Ugeux et de Marcel Druhle.
Plus qu’un colloque, cette réunion, très suivie,
a été un lieu d’interactions et un point privilégié
d’observation. L’anthropologie médicale apparaît
là comme l’un des interlocuteurs, et peut-être comme
une sorte d’agent de synthèse, entre ceux qui sont sommés
de répondre aux demandes de salut présentées sous
le masque de demandes de santé et ceux qui se voient sommés
de soigner alors qu’ils se préoccupent de la vie spirituelle.
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