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COLLOQUE
Pratiques traditionnelles
de guérison: magie ou thérapie ? 14 octobre 1999, Louvain-La-Neuve.
Organisé par le professeur Robert Deliège et Olivier Schmitz
de l'unité d'Anthropologie Culturelle et du Langage, patronné
par le FNRS.
L'objectif était de réunir des ethnologues
autour du constat de la pérennité des pratiques thérapeutiques
traditionnelles, à partir de leur "terrain" respectif.
L'alternative trompeuse contenue dans l'intitulé de cette journée
d'étude provoqua des réactions chez les orateurs qui arrivaient
chacun à la conclusion de l'inextricabilité des deux termes
du couple magie-thérapie. Au travers des différentes communications,
c'est la résurgence de questions classiques en anthropologie
médicale qui orienta le débat entre le public et les chercheurs
: la réalité du pouvoir -magique- de guérison ;
la difficulté de penser ensemble les catégories magie-religion-thérapie.
Les six communications qui animaient la journée ont démontré
une fois de plus la richesse anthropologique de l'objet "thérapie"
et la nécessité de développer des outils analytiques
convenant aux multiples contextes culturels évoqués.
La communication d'Armelle Jacquemot (Univ. Charles de Gaulle-Lille
3) mit en évidence le syncrétisme d'éléments
traditionnels et modernes dans l'Umbanda, culte de possession urbain
qui vit le jour dans les années 1920-1930 au Brésil. Sur
la base de ses données ethnographiques, Armelle Jacquemot redéfinit
la catégorisation étiologique distinguant les maladies
causées par un agent spirituel (esprit, démon, saint)
et celles auxquelles un déterminisme biologique attribue une
origine matérielle.
Olivier Schmitz (Université catholique de Louvain) présenta
les premiers résultats de son travail de terrain sur les "signeurs"
de Wallonie, guérisseurs traditionnels utilisant à la
manière d'un secret, des formules conjuratoires d'inspiration
chrétienne. Outre les spécialités thérapeutiques
du signeur et le recours au secret qui caractérise sa pratique,
Olivier Schmitz exposa quelques éléments composant le
cadre du recours à ce type de guérisseur que l'on croit
souvent, à tort, ne pratiquer que dans les zones rurales.
Examinant la question du sens du recours aux médecines non-orthodoxes,
Sylvie Carbonnelle (Université Libre de Bruxelles), à
partir de l'analyse de la trajectoire de souffrants, s'interrogea sur
les processus de construction de ce sens, qui amène inévitablement
l'ethnologue à considérer la relativité du discours
médical sur la maladie et sa guérison.
À partir des observations consignées dans les carnets
de terrain d'une élève d'Ernesto de Martino, Giordana
Charuty (CNRS, Nanterre) exposa la spécificité du questionnement
ethnologique vis-à-vis de pratiques régulières
observées dans le culte d'un saint italien, Albert le Glorieux,
incarné par l'une de ses parentes.
Richard Lioger (Université de Metz) fit part de ses travaux sur
les groupes ésotériques dans l'Est de la France, faisant
suite à son ouvrage sur les sourciers et radiesthésistes
ruraux et d'une réflexion sur la notion de "don", qu'il
réintroduisit dans une perspective plus large, sous-tendant l'idée
d'un dépassement de la "technique" (thérapeutique
ou autre) proprement dite.
Lionel Obadia (Université Charles de Gaulle-Lille 3) intervint
sur les pratiques thérapeutiques dans le bouddhisme en Occident,
favorisé par le succès qu'y connaît le mouvement
"New Age", englobant divers courants. Interrogeant à
la fois la doctrine bouddhiste et son travail de terrain sur les groupes
bouddhistes, Lionel Obadia mit l'accent sur la puissance d'attraction
du bouddhisme pour les Occidentaux, qui lui vient en partie de son pouvoir
thérapeutique.
Les actes du colloque feront l'objet d'un cahier de l'Unité d'Anthropologie
Culturelle et du Langage, disponible sur demande aux adresses électroniques
suivantes : deliege@acla.ucl.ac.be ; schmitz-o@acla.ucl.ac.be.
Olivier Schmitz (bull.41, février 2000)
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