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COLLOQUE

Théologie et sida, 4e consultation. Douala (Cameroun), 23-26 septembre 1998.

L'intérêt principal de cette rencontre fut peut-être de faire monter une parole commune des théologiens sur les problèmes de la santé et de la maladie, un domaine où se déploient les émotions les plus fortes, et qui est trop rarement visité par la théologie. Des théologiens de dix pays africains francophones participèrent à cette rencontre, à raison de un ou deux par pays : directeurs de Séminaires, professeurs de théologie morale, aumoniers d'hôpitaux. Ils étaient souvent accompagnés d'un médecin ou d'une infirmière spécialisés dans les soins des sidéens. La présence permanente d'une jeune femme de Douala atteinte par le virus a donné de la gravité aux échanges.
Etaient invités également des professeurs d'anthropologie comme Benoit Kala et Cécile Abéga de Yaoundé, et un tradipraticien. Ils ont tenu un langage analogue : " Comment comprendre qu'une maladie qui, en moins d'une vingtaine d'années, a rempli la chronique de tous les moyens de communication modernes apparaisse encore comme un épiphénomène dans les préoccupations quotidiennes des populations ordinaires, surtout dans les couches les plus fragiles, et ce malgré les ravages en vies humaines qu'elle génère ? Pour que la maladie existe, il faut la nommer en l'identifiant correctement. Dans le contexte africain, on n'arrive pas encore à la nommer Sida... ". B. Kala
Et le tradipraticien qui n'avait pas assisté à la conférence de ce dernier fit lui aussi la remarque que la tradition était muette sur l'existence du sida faute de lui avoir donné un nom, et que par conséquent ses collègues ne pouvaient le traiter. Impressionnantes remarques pour des théologiens dont la discipline est justement l'établissement d'un langage.

E. de Rosny (Bull. n° 36 , décembre 1998)