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COLLOQUE

Fourth Qualitive Health Research Conference. Vancouver, 19-21 février 1998.
En février dernier se tenait à Vancouver (Canada), la 4e conférence internationale sur la recherche qualitative en santé. Désormais organisé sur une base annuelle (il se tiendra à Sydney, Australie en 1999), ce congrès réunit des infirmières, médecins, sociologues et anthropologues autour des contributions des méthodes qualitatives à la recherche portant sur les dimensions sociales et culturelles de la santé.

Cette année encore, les quelques 450 conférences présentées ont alimenté autant les débats sur les nouveaux développements en études de cas, analyse de discours, analyse de contenu, analyse sémiologique et analyse phénoménologique, que sur la place des paradigmes interprétativistes et constructivistes aux côtés des méthodes positivistes classiques. Dans leur très grande majorité les conférences illustrent l'utilisation de ces méthodes et paradigmes à travers leurs applications dans des recherches empiriques portant sur la clinique, les soins, la prévention et la promotion de la santé. Des ateliers particulièrement intéressants ont traité, à titre d'exemples, des savoirs et pratiques liés à la reproduction et à la naissance, à la prévention du sida, à la santé des adolescents, aux soins aux personnes âgées, à la violence faite aux femmes, à des analyses phénoménologiques du vécu du cancer, du diabète et de la maladie mentale chronique. Au plan proprement méthodologique, des ateliers furent consacrés à la recherche phénoménologique qui semble s'imposer, tant aux États-Unis qu'en Europe et en Asie, comme une alternative aux paradigmes interprétativistes et constructivistes taxés de "culturalismes purs". D'autres ont traités de la complémentarité entre méthodes qualitatives et quantitatives et des logiciels d'analyse de données qualitatives qui inondent le marché de la recherche depuis une dizaine d'années. Les débats, parfois animés, sont d'un intérêt certain pour les anthropologues et les sociologues sensibles aux développements récents de ces méthodes mais surtout, pour ceux qui sont conscients du fait que l'approche ethnologique "de terrain" ne résume plus, à elle seule, ni la diversité ni la quintessence du champ des méthodes qualitatives.
Au total, 26 pays étaient représentés dont plusieurs pays de l'Europe du Nord. La France et la Belgique étaient, à proprement parlé, absente de ce lieu de débats. Les congrès des années à venir pourraient être le lieu d'une implication des membres de l'AMADES dans le débat très stimulant portant sur les contributions de ces nouvelles approches méthodologiques à la recherche sur la santé.

Raymond Massé (Bull. n° 34 Juin 1998)