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Anthropologie des systèmes et des politiques de santé


Paris, 6, 7 et 8 janvier 1999, FIAP Jean Monnet, 30 rue Cabanis, 75014


Colloque organisé par AMADES avec le soutien de l’Union Européenne (DGXII, science, recherche et développement)

Les systèmes de santé sont en crise dans la plupart des pays, au Nord comme au Sud, et les politiques mises en oeuvre tentent, avec des succès inégaux, de trouver des stratégies et d’opérer des choix compatibles avec les contraintes économiques et sociales.
Pour la Santé publique, le défi est le suivant : avec quelles ressources, sur quels concepts, sur quelles bases organisationnelles et avec qui prendre en charge la santé des populations ?
L’ethnologie a examiné les systèmes de soin biomédicaux contemporains, au Nord et au Sud, à travers les représentations, valeurs, pratiques ; l’anthro-pologie médicale participe à l’analyse macrosociale des systèmes de santé et des politiques de santé, notamment par son approche comparative.
L’objectif de ce colloque est donc de tracer un bilan et des perspectives des contributions de l’approche anthropologique, à partir d’un état des lieux, d’une Cinq thèmes feront l’objet de conférences, débats et communications :

1. La “crise” des systèmes de santé

Limitation de l’allocation de ressources publiques, remise en cause de l’in-tervention de l’État, pauvreté des populations, difficultés d’accès aux soins, émergence de pathologies difficiles à gérer à travers les ins-titutions en place...
* Comment les anthropologues abordent-ils ces problèmes et leurs consé-quences sociales et sanitaires ? La “crise” a-t-elle fait l’objet de leur part d’une recherche spécifique? d’une approche macrosociale ?
* Le concept de “crise” est-il toujours pertinent à leurs yeux ?
* Quelles grilles d’analyses anthropologiques peuvent éclairer ces ques-tions ?

2. Les politiques de santé à la fin du XXe siècle

Au cours des vingt dernières années,
- au Sud, se sont succédés les soins de santé primaire, l’initiative de Bamako, l’im-plantation des districts, et des stratégies telles que la participation communautaire, le recouvrement des coûts, les programmes verticaux et intégrés, etc.
- au Nord, des programmes et des modes de structuration nouveaux, et des approches nouvelles ont émergé : organisation des réseaux, redéfinition des articu-lations santé/social, ou public/libéral, santé communautaire, etc.
L’anthropologie aborde notamment :
- les pratiques locales fondées sur ces stratégies, politiques, pro-grammes ;
- les concepts, valeurs, idéologies qui sous-tendent les politiques de santé et les institutions qui les mettent en oeuvre ;
- les processus d’élaboration des stratégies, de leur acceptabilité et de leur réinterprétation par les populations concernées ;
- les effets de la succession de politiques différentes et de leurs ajustements à travers les changements qu’elles ont induits.

3. Anciens et nouveaux acteurs dans les systèmes et politiques de santé

Le champ social que définissent les systèmes de santé est structuré d’au moins deux façons :
- décideurs/experts en santé publique/professionnels de santé/popula-tions ;
- organismes internationaux/États/ONG/associations/professionnels de santé/popu-lations.
Les organismes internationaux ont un pouvoir énorme : finances, définition des normes et des politiques. Dans les pays du sud celui des organismes de coopération égale souvent celui des États, et leurs stratégies peuvent s’opposer à eux, en alliance avec des ONG. Celles-ci au Sud, et les associations au Nord ont un rôle complexe : parfois elles se conforment aux normes dominantes en santé publique, parfois elles innovent, ou ont un rôle d’intermédiaires entre populations et services de santé.
- Quelles logiques sous-tendent les stratégies de tous ces acteurs ?
- Sur quelles valeurs, quels concepts et dans quels rapport avec les connaissances scientifiques se fondent leurs stratégies ?
- Quelle est la place en ce domaine des ONG et les associations ?
- Qu’enseigne l’anthropologie sur “les populations” telles que les cons-truisent les systèmes de santé ?
- Comment la population et ses représentants sont-ils des “acteurs” dans les systèmes de santé et face aux professionnels ?

4. Globalisation des politiques et logiques socioculturelles locales

Parce que les systèmes de santé sont référés à la biomé-decine, et en raison de leur propre logique institutionnelle, les institutions internationales défi-nissent des macropolitiques planétaires ou régionales, alors que les terrains d’applica-tion sont hétérogènes. De plus les concepts et logiques varient d’un étage à l’autre, entre l’international, le national et le local.
- Quel est l’effet des “télescopages” de logiques et de stratégies ?
- Quels sont les processus locaux de réinterprétation et de réajustement ? Exercent-ils un impact en retour sur l’élaboration des stratégies à d’autres niveaux ?
- Dans la nouvelle Europe, comment s’élabore “l’harmonisation” des diffé-rences lo-cales en rapport avec les systèmes et politiques de santé ?

5. Quelles perspectives pour l’anthropologie des systèmes et politiques de santé ?

En conclusion du colloque une table ronde débouchera directement sur les questions qui concernent l’association d’anthropologie médicale appliquée qu’est Amades. Il s’agira de définir :
- les questions pertinentes communes aux “acteurs” des systèmes de santé et aux anthropologues ;
- les approches qui favorisent la communication des anthropologues avec les ac-teurs : décideurs (experts, professionnels de santé), usagers et populations.


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Colloque anthropologie des systèmes de santé
Paris, 6, 7 et 8 janvier 1999, FIAP Jean Monnet, 30 rue Cabanis, 75014

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